QU'EST-CE QUE LE VEDĀNTA ?

 


QU'EST-CE QUE LE VEDĀNTA ?

(source : IA Vedanta)

 

Le Vedānta est un moyen de connaissance qui révèle la vérité sur notre nature essentielle. 

Ce n'est ni une philosophie, ni une religion, ni un système de croyances, ni de l'ésotérisme. Le Vedānta n'explique pas pour apporter des connaissances supplémentaires mais pour ôter le voile de l'ignorance. Il n'explique pas pour construire, mais pour déconstruire.

« Vedānta » signifie "la fin (anta) des Védas" (voir plus bas : "Que sont les Védas"). Il fait référence aux textes qui se trouvent à la fin des écritures védiques anciennes, principalement les Upanisad.

Son objectif est la libération – libérer de l'ignorance fondamentale qui fait croire que nous sommes limité, imparfait ou mortel. Il révèle que nous sommes déjà entier, libre et complet. 

Il fonctionne comme un miroir. Tout comme nous avons besoin d'un miroir pour voir notre propre visage, les mots du Vedānta invitent à "voir" ou comprendre clairement notre vraie nature, qui est Conscience pure et illimitée.

La vision ultime du Vedānta est la non-dualité (Advaita). Cela signifie qu'il n'y a finalement qu'une seule réalité : la Conscience. Nous ne sommes pas un petit être séparé à l'intérieur de cette Conscience ; nous sommes cette Conscience même, et tout l'univers n'est qu'une manifestation de cela. 

Une révélation, pas une invention

Le Vedānta n'est pas né de l'esprit humain. Il n'a pas de fondateur, comme une philosophie ou une religion. Il ne s'agit pas de quelqu'un qui a eu une vision, en qui une vérité s'est révélée, vérité qui a ensuite été traduite dans un contexte historique et au travers d'une personnalité, même très subtile.  

Le mot-clé : non-personnel (ou sans auteur humain). Le savoir védique n'est pas attribué à une personne ; il est considéré comme une découverte de lois éternelles, au même titre que la loi de la gravité a été découverte, mais non inventée, par Newton.

Comment a-t-il été découvert ? Par les sages. Ces hommes et femmes aux esprits extraordinairement purs et sereins, grâce à une discipline rigoureuse, sont entrés dans des états de méditation profonde. Dans ce silence mental parfait, la même connaissance s'est révélée à eux. Ils l'ont "vue" ou "entendue.

Transmission : La lignée d'oreille à oreille 

Au tout début, cette connaissance révélée n'a pas été écrite. Elle a été préservée avec une précision chirurgicale par la transmission orale directe, de maître à disciple.

Pourquoi orale ? Pour préserver la pureté phonétique. Le son  des mantras védiques est considéré comme porteur en lui-même de la puissance de la connaissance. Une prononciation parfaite était cruciale.

Pendant des millénaires, la connaissance a voyagé ainsi, sans être altérée par des interprétations écrites ou des traductions approximatives. Le disciple écoutait, répétait exactement, réfléchissait, et à son tour l'enseignait.

Le guru n'est pas un simple professeur. Il est le lien vivant dans cette chaîne car il a lui-même réalisé la vérité des enseignements. Sa fonction est d'être un miroir verbal pour l'élève, lui permettant de se voir tel qu'il est vraiment.

Où se trouve le Vedānta dans les écrits

Le terme "Vedānta" est aussi un indicateur géographique dans le corpus védique.

Veda + Anta : Le mot signifie "la fin (anta) du Veda". Les textes védiques sont immenses et divisés en deux grandes sections :

La section antérieure, les Védas, traite des actions (karma) : rituels, prières, éthique (dharma), tout ce qui concerne la vie dans le monde et la poursuite des buts humains légitimes.

La section finale est le Vedānta. C'est ici que se trouve l'essence. Elle traite de la connaissance : la nature du "Je", la nature de la réalité ultime, la cause de l'univers, et la relation entre les deux. C'est cette section qui constitue le cœur de l'enseignement qui est appelée Vedānta.

Pourquoi faire confiance à cette connaissance

Le Vedānta n'est pas une croyance. C'est un moyen de connaissance valide. 

C'est un moyen de connaissance spécialisé. Chaque moyen a son domaine : nos yeux nous donnent connaissance des formes et couleurs, l'inférence nous permet de déduire un feu derrière une montagne en voyant de la fumée... Mais aucun de ces moyens ne peut nous révéler NOTRE propre nature, qui est la Source de tout. C'est comme demander à une lampe d'éclairer l'électricité qui la fait fonctionner – c'est impossible.

Le Vedanta, en tant que parole/enseignement, est le moyen de connaissance désigné pour nous révéler ce que nous sommes. Il utilise des mots pour pointer vers ce qui est au-delà des mots. 

Nous ne devons pas croire sur parole. La tradition demande de vérifier par la logique et l'analyse de notre propre expérience. C'est le processus : écoute, réflexion, méditation/assimilation.

Son principal pilier

Śaṅkara (Ādi Śaṅkarācārya) fut le maître et commentateur le plus influent de l'Advaita Vedānta. Au VIIIᵉ siècle, il écrivit des commentaires définitifs sur les Upanisad, la Bhagavad Gītā et les Brahma Sūtra, systématisant ainsi la doctrine de l'unité absolue entre l'Ātmā (le Soi individuel) et Brahman (le Réel universel). Il parcourut l'Inde pour rétablir la suprématie de la connaissance védantique face aux courants dualistes et ritualistes, fondant quatre monastères majeurs. Son œuvre est considérée comme la clé de voûte de la renaissance de la tradition védique.

 Śakara, plus en détail

 

Les textes fondamentaux 

Les supports du Vedānta sont basés sur les "trois points de départ" canoniques et faisant autorité.

1. Les Upanisad 

Ce sont les textes révélés, considérés comme la partie la plus profonde des Védas (d'où le nom "Vedānta", la fin des Védas). Elles sont sans auteur humain, et éternelles.

Elles constituent la source première et l'autorité ultime de la connaissance du Soi. Elles sont le miroir infaillible qui nous permet de contempler notre vraie nature avec une clarté immaculée.

Elles ont été "entendues" par les sages dans un état de méditation profond, puis transmises oralement de professeur à élève.

 Les Upanisad, plus en détail


2. La Bhagavad Gītā 

* C'est un texte "souvenu" ou "réfléchi", composé par le sage Vyāsa dans l'épopée du Mahābhārata.

Elle est un commentaire pratique et appliqué des vérités des Upaniṣad. Elle montre comment vivre la sagesse dans le tumulte de la vie, à travers le dialogue entre Arjuna (l'étudiant confus) et Krisna (le professeur divin).

Elle intègre les chemins de l'action désintéressée, de la dévotion et de la connaissance pour préparer et guider l'esprit vers la compréhension ultime.

 La Baghavad-Gita, plus en détail


3. Les Brahma Sūtra 

Également composés par Vyāsa, ce sont des aphorismes extrêmement concis et logiques.

Ils constituent le traité de raisonnement systématique du Vedānta. Ils organisent les enseignements parfois apparemment dispersés des Upanisad en un système philosophique cohérent, répondent aux doutes et aux objections potentielles, et établissent fermement la vision non-duelle.

Sans leur étude, l'examen du Vedānta n'est pas considéré comme complet.

 Les Brahma Sūtra, plus en détail


Pourquoi ces textes sont-ils essentiels ?

Ensemble, ils couvrent les trois phases de l'enquête védântique, nécessaires pour assimiler la connaissance :

  1. Écoute : L'écoute de la vérité révélée dans les Upanisad.
  2. Raisonnement : La réflexion et résolutions des doutes en utilisant la logique des Brahma Sūtra.
  3. Expérience/Assimilation : La contemplation et le vécu de la compréhension, guidé par l'application pratique de la Bhagavad Gītā.


Les supports du 
Vedānta sont un trio inséparable. Les Upanisad parlent de la vérité, les Brahma Sūtra prouvent que c'est logique, et la Bhagavad Gītā montre comment l'incarner. C'est la méthodologie complète pour passer de l'ignorance à la libération.

 

  Que sont les Vedas ?

 


 

 


 

 

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