LA BHAGAVAD-GĪTĀ
La Bhagavad-Gītā est un récit épique, extrait de l'épopée du Mahâbhârata. Au-travers d'un dialogue entre un guerrier (Arjuna) et son cocher (Krisna), elle nous invite à plonger au cœur de nous-mêmes.
C'est un des plus beaux textes spirituels que j'ai pu lire jusqu'ici. Chaque verset en lui-même est d'une telle clarté. L'ensemble est véritablement lumineux ! Pour ma part, j'ai opté pour la version commentée par Swami Chinmayananda, que je trouve très accessible (éditions Guy Trédaniel).
CONTEXTE de la Bhagavad-Gītā
Le Mahābhārata est la grande
épopée indienne qui raconte la lutte dynastique entre deux branches d'une même
famille royale, les Kauravas et les Pândavas,
pour le trône du royaume de Hastināpura.
Le Mahābhārata est un récit historique. Il relate des
événements réels qui se sont déroulés dans une période ancienne, autour du
champ de bataille de Kurukṣetra. Veda Vyāsa a, selon les sources, utilisé ces
événements historiques comme support pour transmettre la connaissance védique
de manière accessible.
Les origines :
Le roi Vicitravīrya a deux fils : Dhrtarāstra (l'aîné, mais aveugle de naissance) et Pându (le cadet). En raison de sa cécité, Dhftarāstra ne peut régner. C'est donc Pându qui devient roi. Dhttarāstra en conçoit un ressentiment profond, sentiment transmis à son fils aîné, Duryodhana.
Les protagonistes :
· Les Kauravas : Les 100 fils de Dhrtarâstra, menés par l'aîné, Duryodhana. Ils représentent souvent l'adharma (l'injustice, les tendances négatives).
· Les Pândavas: Les 5 fils vertueux de Pându: Yudhisthira, Bhīma, Arjuna, Nakula et Sahadeva. Ils représentent le dharma (la droiture, les nobles pensées).
Le conflit :
À la mort de Pându, Yudhisthira (l'aîné des Pândavas) devrait hériter du trône. Duryodhana s'y oppose, estimant que le trône lui revient car son père aurait dû être roi. Les tensions et les tentatives d'élimination des Pândavas par Duryodhana (maison de cire, jeu de dés truqué) mènent à leur exil de 13 ans. À leur retour, Duryodhana refuse catégoriquement de leur rendre leur royaume, malgré des négociations où Krisna demande de moins en moins (un village, cinq maisons...). La guerre devient inévitable. Les deux armées se rassemblent sur le champ de bataille sacré de Kuruksetra.
La Bhagavad Gītā et la guerre :
C'est au moment où la bataille est sur le point de commencer que se déroule la Bhagavad Gītā : Arjuna, le grand guerrier Pândava, est terrassé par le doute à l'idée de combattre ses proches. Son coher, Krisna (une incarnation divine), lui délivre alors un enseignement spirituel profond sur le devoir, la nature du Soi et la réalité ultime. La grande guerre dure 18 jours et voit la victoire finale des Pândavas.
Le sens profond :
Le Mahābhārata est bien plus qu'une histoire de guerre. C'est un miroir de la condition humaine et une guerre intérieure : il symbolise le combat perpétuel en chaque être humain entre ses tendances nobles (les Pândavas) et ses tendances égoïstes ou négatives (les Kauravas). Il enseigne que là où est le dharma, là est la victoire. Il contient, en son cœur, la Bhagavad Gītā, qui est l'essence de la sagesse védantique pour vivre une vie juste et éclairée.
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Quelques versets de la Bhagavad-Gītā :
(extraits du livre de Swami Chinmayananda)
Le Seigneur Suprême dit :
11. Tu pleures sur ceux qui n’ont pas besoin de tes larmes, et pourtant tu parles comme un sage ! Mais le sage ne pleure ni sur les vivants ni sur les morts.
12. Il n’y eut pas un temps (dans le passé) où Je n’existais pas, où toi et ces rois n’existaient pas. Et il n’y aura jamais un temps où nous n’existerons pas.
13. Tout comme l’âme incarnée dans ce corps traverse l’enfance, la jeunesse et la vieillesse, elle passe aussi dans un autre corps. L’homme sage ne s’en afflige pas.
14. Les contacts des sens avec les objets, ô Fils de Kuntî, qui procurent les sensations de chaleur et de froid, de plaisir et de souffrance, ont un début et une fin. Ils sont éphémères. Endure-les avec courage, ô Descendant de Bhârata.
— Chap. 2 Le Yoga de la Connaissance —
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3. Dans ce monde, il y a deux voies, comme je l'ai déjà enseigné, ô Cœur Pur : la voie de la Connaissance du sânkhya, et la voie de l'Action des yogî.
4. L'homme n'atteint pas l'état du «non-agir» en s'abstenant d'agir, et il n'atteint pas la Perfection par le simple renoncement (à l'action).
5. En vérité, nul ne peut demeurer, ne serait-ce qu'un instant, sans agir. Chacun, qu'il le veuille ou non, est contraint d'agir par les modalités mêmes de la Nature (Prakrti).
— Chap. 3 Le Yoga de l'Action —
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22. Les plaisirs issus des contacts avec le monde extérieur
sont cause de souffrances, car ils ont un début et une fin. Ô Fils de Kuntî, le
sage ne saurant s'en réjouir.
23. Celui qui est capable, ici-bas, avant même d'être délivré de son corps (au moment de la mort), de vaincre l'impulsion née du désir et de la colère, est un yogî (un être unifié), il est un homme heureux.
— Chap. 5 Le Renoncement à l'Action —

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