RÉALITÉ(S)

 


 RÉALITÉ(S)

(source IA Vedanta)


À l'origine (qui n'a pas de commencement), est la Conscience absolue : Brahman. Ce même Brahman vu à travers Māyā, est appelé Īśvara, le Seigneur (Dieu), cause de l'ordre cosmique. De Lui émergent deux ordres de réalité : la réalité empirique et la réalité apparente. Ces deux ordres ne sont pas différents de Brahman : ils empruntent simplement Sa propre Essence.

Comprendre ces trois principes de réalité, c'est comme recevoir une carte qui permet de naviguer dans l'existence sans se perdre.  

1. Réalité Absolue

C'est la seule réalité véritablement indépendante. Elle est le substrat de tout ce qui existe. On l'appelle Brahman, ou Ātmān, la Conscience pure. 

Ses caractéristiques sont :

— Indépendance  : Elle n'a besoin de rien d'autre pour exister. Elle est la cause de tout, mais n'a elle-même aucune cause .

— Non-négociable : Elle n'est jamais contredite par aucune expérience. Elle est présente dans les trois états (veille, rêve, sommeil profond) et ne change jamais. On ne peut pas dire « je n'existe pas », car même pour le nier, il faut exister.

— Conscience et Félicité (sat-cit-ānanda) : Elle est existence (sat), conscience (cit) et félicité (ānanda). Elle n'est pas une chose que l’on connait ; elle est le connaisseur lui-même.

— Inqualifiable (nirgua) : Elle est au-delà de tous les attributs, de toutes les qualités. On ne peut pas dire qu'elle est grande ou petite, bleue ou rouge. Elle est le pur sujet, sans forme .

Exemple : L'argile dans un pot. L'argile existe indépendamment du pot. On peut détruire le pot, l'argile reste. L'argile est la réalité du pot.

 

2. Réalité Empirique

C'est le monde de notre expérience quotidienne. C'est la création d'Īśvara, l'ordre cosmique objectif. 

Ses caractéristiques sont :

— Objectivité : Elle est publique et partagée par tous. Un arbre est là, que nous le voyons ou non. Les lois de la physique s'appliquent à tout le monde .

— Dépendance : Elle n'a pas d'existence propre. Sa réalité est empruntée à Brahman, tout comme la réalité du pot est empruntée à l'argile. On dit qu'elle est mithyā.

— Fonctionnalité : Elle est opérationnelle. On peut s’asseoir sur une chaise, boire de l'eau, ces actions ont des conséquences réelles dans cet ordre.

— Ordre et Loi : Elle suit un ordre. Le soleil se lève, les saisons changent, les causes produisent des effets. C'est le domaine de la science, de la morale, des relations.

— Inclus tout : Notre corps, notre mental, nos sens, les autres êtres, les montagnes, les océans, les cieux, les lois de la nature, les moyens de connaissance (perception, inférence, parole de confiance), et même les rituels védiques pour aller au ciel — tout cela est vyāvahārika.

Exemple : Le pot lui-même. Il a une forme, une fonction, il peut contenir de l'eau. Tu peux le toucher, le voir, l'utiliser. Mais il n'existe pas sans l'argile. Il est vyāvahārika.

 

3. Réalité Apparente

C'est la réalité subjective, la création de l'individu. C'est le monde de nos projections personnelles. 

Ses caractéristiques sont :

— Subjectivité : Elle est privée et propre à nous seul. Personne d'autre ne voit le serpent que nous voyons sur la corde (conte analogique du serpent et de la corde).

— Dépendance totale : Elle dépend entièrement de notre perception. Si nous voyons pas la corde, elle n'existe pas pour nous. « Je vois, donc c'est ».

— Dissipation par la connaissance : La corde disparaît dès que la connaissance correcte se lève. Dès que nous réalisons que c'est une corde, le serpent disparaît .

— Source d'erreur : C'est le domaine des erreurs de perception (prendre une corde pour un serpent), des rêves, des peurs irrationnelles, des préjugés, des projections mentales.

— Influence du passé : Elle est façonnée par notre éducation, notre culture, nos expériences passées, nos vāsanā (tendances latentes).

Exemple : Le serpent vu sur la corde. Il est réel pour nous à ce moment-là. Nous avons peur, nous agissons en conséquence. Mais dès que la lumière est allumée, il n'est plus là.

 

La Relation entre les Trois : Un Emboîtement

La vision du Vedānta est que ces trois ordres ne sont pas séparés, mais emboîtés l'un dans l'autre.

La réalité apparente se fond dans la réalité empirique : Le serpent est en fait une corde. Notre rêve est fait d'impressions de notre expérience de veille.

La réalité empirique se fond dans la Réalité Absolue : La corde n'est rien d'autre que des fibres, qui elles-mêmes, ne sont rien d'autre que Brahman. Le monde entier, avec ses lois et ses formes, n'est qu'une manifestation de Brahman.

 

Il n'y a donc qu'une seule réalité (Brahman), vue sous trois angles différents. La réalité apparente est une erreur de vision sur la réalité empirique, et la réalité empirique est une limitation de vision de la Réalité Absolue. La connaissance, c'est de voir la Réalité Absolue à travers tout, sans nier les deux autres ordres, mais en comprenant leur nature dépendante.

 

 

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