
SAT-CIT-ĀNANDA
Sat-cit-ānanda n'est pas une liste de trois qualités séparées. C'est un seul et même indécomposable décrit par trois mots pour corriger nos trois erreurs fondamentales sur nous-mêmes. Comme trois descriptions d'une même personne : « fils de X, frère de Y, mari de Z ».
Notre erreur : « Je suis ignorant, mortel, malheureux. »
Correction : « Je suis Conscience (cit), Éternel (sat), Plénitude (ānanda). »
1. SAT : L'Existence absolue, le Substrat Inébranlable
Ce que SAT n'est PAS :
Ce n'est pas l'existence limitée, conditionnée et périssable d'un objet (une chaise, une pensée, un nuage).
Ce n'est pas un concept philosophique abstrait.
Ce que SAT EST :
La substance de l'existence elle-même. C'est l' « ÊTRE » non qualifié, le fait brut d'ÊTRE qui sous-tend toute chose.
Ce qui demeure inchangé dans les trois périodes du temps (passé, présent, futur). Tout objet naît et meurt dans le temps. Sat est la vérité du temps lui-même, ce en quoi le temps apparaît et disparaît.
Le fondement de toute perception. Nous ne pouvons pas dire « la pierre est » sans que cette pierre n'emprunte à Sat. Le « est » de la pierre, de l'arbre, de votre joie ou de votre tristesse est un seul et même Sat.
Auto-évident et auto-fondé. Sat ne dépend d'aucun autre facteur pour exister. Il est l'existence non-duelle, sans second. C'est pourquoi nous ne pouvons jamais douter de notre propre existence – le doute lui-même « est ».
Sat est la réalité immuable, la « toile de fond » d'existence incontestable sur laquelle se peint le film changeant de l'univers.
2. CIT : La Conscience Auto-Lumineuse, le Principe de Connaissance
Ce que CIT n'est PAS :
Ce n'est pas le mental, les pensées, les états de conscience (veille, rêve, sommeil).
Ce n'est pas une fonction du cerveau ou une propriété émergente de la matière.
Ce n'est pas une chose que nous avons ; c'est ce que nous sommes.
Ce que CIT EST :
Le principe d'illumination et de connaissance. Cit est ce dans la présence de quoi toute chose (objet, pensée, émotion) est connue, révélée, mise en lumière. Comme l'écran est nécessaire pour que l'image du film soit visible, Cit est nécessaire pour que quoi que ce soit soit connu.
Auto-lumineux. Cit n'a besoin d'aucune autre lumière pour se révéler. Une lampe a besoin de vos yeux et de votre conscience pour être vue. Cit se connaît lui-même, directement, sans intermédiaire. C'est la connaissance même, non la connaissance de quelque chose
Le Témoin immuable. Les états mentaux changent (joie, tristesse, calme, agitation). Cit est le témoin constant de tous ces changements. Avant la bonne nouvelle, pendant la joie, après la déception – Cit était, est et sera, inchangé.
Inséparable de Sat. Sat (l'existence) et Cit (la conscience) ne sont pas deux. Vous ne pouvez pas connaître une existence inconsciente, et une conscience qui ne serait pas existante est un non-sens. Sat est Cit, et Cit est Sat. L'existence est consciente, la conscience existe.
Cit est la lumière de la connaissance pure, toujours présente, qui illumine
à la fois le monde extérieur et le monde intérieur des pensées, sans en être
affectée.
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Ici, une nuance est essentielle.
« Cit » n'est pas uniformément manifesté de la même manière. On peut dire qu'il se présente sous deux expressions :
Cit comme Intelligence Organisatrice (Īśvara) : Présent dans TOUT
C'est « l'intelligence qui le structure et le régit ». Ce n'est pas une conscience personnelle ou pensante, mais l'ordre, la loi, le pouvoir d'organisation inhérent à la manifestation elle-même.
Dans le caillou, par exemple : « Cit » est la force de cohésion qui maintient ses molécules ensemble selon les lois de la chimie. C'est l'intelligence qui a organisé ses atomes en cette structure cristalline spécifique. »
Dans la bouteille en plastique : « Cit » est la propriété chimique des polymères, leur flexibilité, leur résistance. C'est l'intelligence manifestée comme les lois de la physique et de la chimie qui lui donnent sa forme et sa fonction.
Dans un système vivant (jīva) : En plus de ce qui précède, il y a un niveau d'organisation supplémentaire, incroyablement complexe (homéostasie, ADN, système nerveux), qui est une expression plus dense et complexe de cette même intelligence.
Cette "cit" est impersonnelle et omniprésente.
Cit comme Conscience Réfléchie : Présent dans le Jīva SEULEMENT
C'est la conscience telle que nous l'expérimentons habituellement : la capacité de savoir, de penser, de sentir. Cette conscience n'est pas une propriété nouvelle créée par le corps.
C'est un reflet. La Conscience absolue (Brahman) se réfléchit dans le mental subtil d'un organisme vivant. Ce reflet crée l'illusion d'un connaisseur individuel, le jīva.
Pourquoi pas dans une table ? Parce que la table n'a pas l'instrument (le mental subtil et organisé) nécessaire pour « capturer » et refléter la conscience de cette manière. C'est comme un miroir terni ou brisé qui ne peut refléter clairement une image. La substance lumineuse (cit) est la même, mais le miroir n'est pas apte à en produire le reflet de la « connaissance ».
3. ĀNANDA : La Plénitude Non Limitée, La Non-Dualité
C'est le terme le plus mal compris. ĀNANDA n'est PAS :
Ce n'est pas un état émotionnel de bonheur, de félicité ou d'extase .
Ce n'est pas une expérience qui va et vient dans le temps (« l'expérience de la béatitude »).
Ce n'est pas le contraire de la tristesse.
Ce qu'ĀNANDA EST :
La traduction directe de SANS LIMITE. C'est le sens principal et technique dans le composé sat-cit-ānanda . Ānanda signifie infini, sans limite.
La conséquence logique de Sat-Cit. Si la Réalité est existence-conscience une et non-duelle, alors elle ne peut être limitée par quoi que ce soit. S'il y avait une seconde chose, elle serait limitée par cette chose. Puisqu'il n'y a pas de seconde chose, elle est infinie, complète, pleine. Cette plénitude est ānanda.
L'absence de manque. Parce qu'elle est tout, elle ne désire rien, ne manque de rien. Cette paix intrinsèque, cette complétude absolue, est ce que le mot pointe . C'est la fin de toute quête.
La négation de la dualité. Le mot ānanda dans ce contexte est une manière de dire : « Sat-Cit est la seule réalité ; il n'y a pas d'autre ». C'est la déclaration de la non-dualité (advaita).
Pourquoi alors utiliser le mot "bonheur" (ānanda) ? Parce que dans votre expérience relative, le bonheur est le seul moment où vous faites l'expérience fugace d'un sentiment de plénitude, d'absence de manque et de non-séparation avec l'objet de votre désir. Les écritures utilisent cette expérience commune comme une métaphore pour pointer vers la plénitude absolue et permanente qui est notre nature. Mais il faut dépasser la métaphore pour saisir la substance : la limitation.
Ānanda est la dimension de plénitude et de non-dualité de Sat-Cit. Ce n'est pas un sentiment, c'est le fait qu'il n'y a rien en dehors de Cela pour Le limiter ou Lui manquer.
L’Équation Ultime
Sat + Cit + Ānanda = Brahman = Ātman = NOUS.
Sat : Nous SOMMES. C'est indéniable.
Cit : Nous sommes CONSCIENTS de ce fait. C'est immédiat.
Ānanda : Ce que nous sommes est COMPLET, NON-DUEL, SANS LIMITE.
Ces trois mots décrivent une réalité unique vue sous trois angles pour dissiper l'ignorance. Comme la chaleur, la lumière et la couleur d'une flamme sont inséparables de la flamme elle-même.
Notre expérience directe en ce moment même en est la preuve :
Nous savons que nous existons (Sat).
Nous le savons parce que nous sommes conscient (Cit).
Cette conscience-existence que nous sommes n'est pas confinée à un point dans notre tête – elle est l'espace même dans lequel apparaissent toutes nos perceptions, pensées et sensations. Rien, en ce moment, n'est en dehors d'elle. Elle est donc sans limite (Ānanda) dans notre expérience directe.
Sat-cit-ānanda n'est donc pas un état à atteindre, mais notre nature fondamentale à reconnaître. La reconnaissance est instantanée ; le démantèlement des habitudes et des conditionnements qui nous font l'oublier demande de la persévérance.
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