
QUELLE RENAISSANCE ?
Principe Fondamental
Le Karma façonne le futur corps de renaissance. Chaque action que nous posons — bonne ou mauvaise — produit un fruit invisible qui s'accumule dans notre corps causal, aussi appelé notre « compte karmique ».
Ce compte contient trois catégories de karma :
- Sañcita-karma : Tous les karmas accumulés depuis des vies sans commencement, qui n'ont pas encore fructifié.
- Prārabdha-karma : La portion du sañcita qui a commencé à fructifier dans cette vie-ci, nous donnant ce corps et ces expériences précises.
- Āgami-karma : Les nouveaux karmas que nous générons dans cette vie par nos actions, qui rejoindront le sañcita après la mort.
Hiérarchie des corps selon la proportion de mérites et démérites.
Être né entièrement de mérites, c'est jouir d'un corps d’être céleste (deva).
Être né de démérites, c'est recevoir un corps animal. Les insectes naissent d'encore plus de démérites. Être né d'une majorité de démérites (encore plus que pour l'insecte), c'est recevoir un corps végétal.
Être né d'un mélange de mérites et de démérites, c'est recevoir un corps humain.
Cause de renaissance dans un corps spécifique
Renaissance dans un corps céleste
— Cause : Excès de mérites pur (actions hautement vertueuses, service désintéressé, dévotion).
— Fonction : Jouir des fruits du mérite. Les êtres célestes épuisent leur prārabdha et n'ajoutent pas d'āgami (karma futur).
— Limitation : Pas de libre arbitre, pas de capacité à générer du nouveau karma. L’être céleste ne fait qu'expérimenter le plaisir.
— Fin : Une fois le mérite épuisé, le jīva retombe dans des corps inférieurs selon le karma restant.
Renaissance dans un corps animal ou végétal
— Cause : Excès de démérites (actions nuisibles, cruelles, égoïstes).
— Fonction : Souffrir pour épuiser le démérite. Les animaux épuisent leur prārabdha et n'ajoutent pas d'āgami.
— Limitation : Pas de libre arbitre, pas de capacité à générer du nouveau karma. L'animal ou la plante ne fait qu'expérimenter la souffrance ou l'inertie.
— Fin : Une fois le démérite épuisé, le jīva peut remonter vers un corps humain.
Renaissance dans un corps humain
— Cause : Mélange de mérites et de démérites.
— Fonction : À la fois jouir et souffrir, mais surtout avoir le libre arbitre pour choisir la libération. Les humains ont un prārabdha mélangé avec le pouvoir de l’effort libre ou libre arbitre intelligemment appliqué.
— Privilège : Seul le corps
humain permet de générer du nouveau karma et de poursuivre mokṣa (la libération).
Exemple 1
Imaginons un jīva qui, dans une vie antérieure, a tué quelqu'un par colère (engendrant un gros démérite). Dans sa vie suivante, il naît humain, mais avec un prārabdha qui lui donne une tendance à la violence et des circonstances difficiles. Cependant, dans cette même vie, il rencontre un enseignant spirituel, se tourne vers le service désintéressé, et dédie sa vie aux autres pendant 40 ans (engendrant un gros mérite).
À sa mort, le karma dominant
est le mérite récent. Il renaît donc en être céleste, jouissant
de plaisirs divins pendant des éons. Mais le démérite du meurtre n'est pas
détruit. Il reste dans le sañcita, en attente. Les démérites ne
fructifieront pas dans la naissance qui donne le corps d'un être céleste, car
ce corps est destiné uniquement à l'épuisement du mérite, pas à accumuler du karma. Après la vie
céleste, quand le mérite est épuisé, le démérite du meurtre devient le karma
dominant. Le jīva renaît alors en animal — par exemple, un tigre — pour
expérimenter la souffrance correspondant à son acte de violence passé. Dans ce
corps de tigre, il épuise ce démérite en vivant une vie de prédation et de mort
violente, sans générer de nouveau karma. Une fois le démérite épuisé, il peut
remonter vers un corps humain.
Exemple 2
Imaginons un jīva qui, dans une vie humaine, a été extrêmement avare et égoïste — refusant de partager, accumulant pour lui seul, ignorant la souffrance des autres. Ce démérite n'est pas assez grave pour un corps de tigre, mais suffisant pour un corps inférieur. À sa mort, si ce démérite est le karma dominant, il renaît en plante — par exemple, un arbre épineux ou un arbre vénéneux. Les corps des êtres qui causent du tort aux autres — par exemple, les arbres épineux, les arbres vénéneux, etc. — naissent de karmas classifiés comme hautement pécheurs. Dans ce corps végétal, le jīva épuise son démérite en vivant une existence inerte, sans capacité d'action, subissant passivement les éléments. Une fois le démérite épuisé, il peut renaître en animal, puis éventuellement en humain.
En résumé
Le jīva n'est pas libéré du saṁsāra simplement parce qu'il a fait de bonnes actions. Chaque corps — céleste, humain, animal, végétal — est un véhicule temporaire pour épuiser un ensemble spécifique de karmas. L’être céleste jouit du mérite. L'animal souffre du démérite. L'humain fait les deux, et surtout, peut choisir la libération.
C'est pourquoi il y a un ordre/logique dans l'univers. Rien n'est oublié. Chaque action attend son heure pour porter son fruit exact, dans le corps exact qui convient à son épuisement.
Il faut garder à l’esprit que rien n'est acquis dans cette vie, car tout est gagné ou perdu. Nous ne savons pas ce qui s'est passé avant cette naissance. Nous ne savons pas ce qui se passera après la mort. Mais ce n'est pas une raison de désespérer face à ce tableau qui peut sembler démoralisant pour le jiva.
Le corps humain est le seul où
effort libre et destin coexistent. Ce que nous faisons maintenant — dans cette
vie, avec ce corps, avec ce libre arbitre — compte. Chaque action que nous
posons aujourd'hui façonne notre āgami-karma, qui deviendra notre prārabdha
demain, dans cette vie ou dans une autre.
L'ESSENTIEL À RETENIR
L'essentiel à retenir est que NOUS NE
SOMMES PAS le cycle des renaissances. Les textes disent : « Le jīva n'est
pas né. Le jīva n'est pas mort. Le jīva est Brahman ». Et encore : « Dans
la vision du Vedānta, nous ne sommes pas engagés dans la renaissance, mais celle-ci
doit faire partie de la méthode d'enseignement quand nous considérons le modèle
du karma ».
Le cycle des renaissances — être céleste, humain, animal, plante — est une apparence comme les vagues à la surface de l'océan. Nous, en tant qu'Ātman, nous sommes l'océan lui-même. Les textes disent encore : « L'Ātman est comme le ciel à travers lequel les nuages passent sans l'affecter ». Les corps viennent et vont. Les expériences de plaisir et de douleur viennent et vont. Mais nous, nous sommes la Conscience qui les illumine, qui les connaît, qui les témoigne — sans jamais être touchée.
Le but de la vie humaine n'est pas d'accumuler du mérite pour monter au ciel, ni d'éviter le démérite pour ne pas tomber en enfer. Le but est de se reconnaître soi-même comme Brahman.
Les renaissances sont une conséquence de l'ignorance. Quand nous savons qui nous sommes vraiment — Conscience pure, non née, immortelle, sans seconde — le cycle cesse d'être un problème. Les textes disent : « Quand la connaissance de la Vérité suprême se révèle d’elle-même, le karma est complètement effacé, et les corps cessent d'être produits. C'est cela, la libération ».
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