
MÉMOIRES CELLULAIRES
Selon les textes védantiques, les cellules du corps ne contiennent pas de mémoire au sens où cela est parfois suggéré ou affirmé. La mémoire, les impressions (saṃskāras) et les vāsanās sont uniquement des fonctions du corps subtil, et plus précisément du mental, et non du corps physique.
Pourquoi les cellules ne sont-elles pas porteuses de mémoire ?
Le corps physique est inerte et changeant : Il est composé des cinq éléments grossiers et n'a pas de sentience propre. Chaque cellule de notre corps est remplacée en sept ans. La mémoire ne peut pas résider dans quelque chose qui se renouvelle entièrement – sinon cette mémoire serait perdue.
La mémoire est une fonction du mental
Dans le Vedānta, le mental fait partie du corps subtil. C'est lui qui enregistre, conserve et restitue les expériences sous forme de souvenirs. Le corps grossier n'a pas cette capacité.
Quand le corps subtil du jīva quitte le corps physique auquel il a été associé le temps d'une vie, il en intègre un nouveau. Toute la mémoire et le karma étant contenus dans le corps subtil, le nouveau corps physique n'ajoute aucun karma supplémentaire : il est simplement le véhicule choisi par le prārabdha-karma (la portion du karma qui doit être expérimentée dans cette vie).
Concernant l’idée de la « mémoire cellulaire » dont on parle parfois, les textes védantiques n'utilisent pas ce concept. La science moderne parle d'épigénétique ou d'adaptation cellulaire, mais cela n'a rien à voir avec la mémoire subjective que nous transportons d'une vie à l'autre. Les cellules sont des objets de perception, pas des sujets qui se souviennent.
En réalité, c’est le corps subtil qui « arrive » avec toutes ses impressions (saṃskāras), et le nouveau corps physique est une conséquence de ce karma, non une source supplémentaire de karma. Le corps grossier est la scène où le karma se joue, pas le metteur en scène.
Le corps physique est une cause matérielle, pas une cause karmique supplémentaire. Le corps physique est fabriqué à partir des cinq éléments grossiers, issus des cellules du père et de la mère. Ces cellules fournissent la matière (ADN, protéines, structure physique), mais elles n'ajoutent aucun karma ni aucune vāsanā au jīva qui s'incarne. Le karma et les vāsanās sont exclusivement contenus dans le corps subtil qui accompagne le jīva.
Le rôle des parents est celui d'un instrument, non d'une cause efficiente.
Les textes disent clairement que la mère et le père ne sont pas responsables de la détermination de l'enfant qui naît. Le type de corps de ce dernier est déjà déterminé au moment de sa mort dans sa vie précédente, par son prārabdha-karma. Les parents sont simplement le canal matériel choisi par ce karma pour se manifester.
Exemple : Si un enfant (jiva) a du karma pour naître avec des yeux bleus et une prédisposition à une maladie cardiaque, il trouvera des parents dont les gènes permettent cette expression. Mais les gènes eux-mêmes ne sont pas la cause de ce karma – ils en sont la conséquence matérielle.
L'information des cellules parentales n'est pas une « mémoire karmique ». Ce qui est parfois appelé « informations transmises » (ADN, épigénétique) relève du domaine physique. Cela n'a rien à voir avec la mémoire subjective ou les tendances latentes (vāsanās) qui appartiennent au corps subtil. Le corps physique est un objet de perception pour la Conscience, pas un sujet qui garde des souvenirs.
L'enfant (jīva) arrive avec :
* Son corps subtil (mental, intellect, mémoire, ego) contenant toutes ses vāsanās et son karma accumulé.
* Un corps physique façonné par le prārabdha-karma, dont les caractéristiques physiques sont en accord avec les causes passées.
Aucun karma supplémentaire ne provient des cellules parentales. L'information génétique est simplement le véhicule choisi par le karma de l'enfant (jiva) pour la vie qu'il doit expérimenter.
Les cellules des parents ne transmettent donc pas un karma ou des vāsanās supplémentaires à l'enfant (jīva). Elles fournissent la matière (le « véhicule ») qui correspond au karma déjà existant de celui-ci. Le corps subtil arrive déjà chargé de tout le karma et de toutes les impressions qui seront expérimentées dans cette vie. Les parents sont des instruments, non des causes karmiques supplémentaires.
Comment le Prārabdha-Karma « choisit » les parents et les gènes
Le Vedānta enseigne que nous ne sommes pas le corps, mais la Conscience pure (ātmā). Cependant, tant que nous sommes sous l'emprise de l'ignorance, nous sommes associé à un corps subtil qui porte tous nos karmas accumulés (sañcita-karma) et nos tendances latentes (vāsanās). Ce corps subtil, au moment de la mort, quitte le corps physique et, guidé par le prārabdha-karma (la portion du karma qui doit être expérimentée dans la prochaine vie), s'incarne dans un nouveau corps physique. La question qui se pose est : comment ce prārabdha-karma détermine-t-il précisément les parents, les gènes, le corps ?
Tout d’abord, pour rappel, qu'est-ce que le Prārabdha-Karma ?
Le prārabdha-karma est cette partie du sañcita-karma (karma total accumulé) qui a commencé à porter ses fruits dans la vie présente. Il est déjà en action au moment de la naissance et détermine :
* Le type de corps (humain, animal, etc.),
* La famille, le milieu social, les parents,
* La durée de vie, les événements majeurs, les prédispositions physiques et mentales.
Les textes disent que le prārabdha-karma est comme une flèche déjà tirée : elle doit atteindre sa cible. Le jīva (l'être incarné) ne peut pas l'éviter ; il doit l'expérimenter .
Comment le Prārabdha « choisit »-il les parents ?
Le corps subtil est porteur de tous les vāsanās et du karma. Il contient toutes les impressions (saṃskāras) des vies passées. Ces impressions sont comme des graines qui attendent les conditions appropriées pour germer. Quand le jīva quitte un corps physique, il emporte avec lui la totalité de son karma non expérimenté (à l'exception de celui déjà en cours).
Le Prārabdha agit comme un programme attractif. Le Vedānta ne parle pas d'un « choix » conscient de la part du jīva, mais plutôt d'une loi d'attraction karmique. Le prārabdha-karma détermine quel type de corps physique est nécessaire pour expérimenter les fruits qui doivent l'être. Ce corps doit correspondre exactement aux causes passées.
Exemple : Si un jīva a accumulé du karma qui exige d'expérimenter la pauvreté ou une maladie spécifique, il sera naturellement attiré vers des parents dont les conditions (génétiques, sociales, économiques) permettent cette expérience.
Les parents sont donc des instruments, non des causes. Ils ne sont pas la cause du karma de leur enfant (jiva), ou de ses tendances (physiques et mentales). Ils sont le canal matériel choisi par son prārabdha pour que l’enfant (jīva) puisse naître et expérimenter ce qui doit l'être. Leur ADN, leur situation familiale, leur environnement – tout cela est en accord avec le karma du jīva, mais n'en est pas la source.
Le rôle des gènes et des cellules parentales
Les gènes sont une conséquence, non une cause supplémentaire. Les cellules du père et de la mère fournissent la matière (ADN, protéines, structure) qui constitue le corps physique de l'enfant (jiva) à naître. Mais cette matière n'ajoute aucun karma supplémentaire. Le karma et les vāsanās viennent exclusivement du corps subtil.
L'ADN correspond aux besoins karmiques, mais ne les crée pas. Le prārabdha « sélectionne » des parents dont l'ADN produira un corps compatible avec les expériences à vivre. Ainsi, si un enfant (jiva) doit naître avec une prédisposition à une maladie cardiaque, il trouvera des parents dont les gènes portent cette prédisposition. Mais ces gènes ne créent pas le karma ; ils en sont l'expression physique.
Les textes disent que le corps physique est fabriqué à partir des éléments grossiers – la terre, l'eau, le feu, l'air, l'espace. Les cellules des parents ne sont que la forme concrète de ces éléments. Elles n'ont pas de « mémoire » séparée de celle du corps subtil.
Exemple concret pour clarifier :
Un enfant (jiva) a un karma pour expérimenter :
* Une vie courte (par exemple, mourir à 30 ans),
* Une grande intelligence,
* Des parents riches mais absents.
Le prārabdha va l'attirer vers des parents dont les gènes produisent un corps en bonne santé (pour permettre l'intelligence et l'expérience des richesses), mais avec une faiblesse cardiaque ou une maladie soudaine (pour la mort prématurée). Les parents seront riches mais trop occupés (pour créer un environnement affectif distant).
Rien de tout cela n'ajoute de
karma : les parents ne sont que le véhicule choisi par le karma préexistant du
jīva.
Une mémoire transgénérationnelle
Le Vedānta reconnaît cependant une mémoire transgénérationnelle, mais elle est subtile, non biologique.
Les textes parlent de santati (continuité générationnelle) et de kula-dharma (devoirs familiaux) – et ils décrivent comment les vāsanās (impressions) d’une génération influencent la suivante.
Exemples :
« Ce que notre grand-père ou notre père a choisi de faire nous affecte maintenant ».
« Les impressions passent d’une génération à l’autre, comme le montre l’exemple des Allemands après la Seconde Guerre mondiale : 60 % des disciples de Rajneesh étaient allemands, cherchant à se libérer d’un sentiment de culpabilité collective hérité ».
Mais cette transmission ne se fait pas par les cellules. Elle se fait par deux mécanismes subtils :
Par le corps causal collectif (māyā). C'est le réservoir de toutes les vāsanās de toute l’humanité, y compris celles de nos ancêtres. Lorsque nous naissons dans une certaine famille, notre corps causal individuel – qui est une vague spécifique dans l’océan du corps causal collectif – résonne avec les vāsanās de nos ancêtres parce que nos propres vāsanās (de vies antérieures) sont en affinité avec elles. Nous n’ « héritons » pas de leur mémoire au sens littéral, mais nous arrivons avec des tendances similaires, ce qui crée l’apparence d’une transmission.
Par l’éducation et l’environnement (corps subtil). Dès la naissance, nous sommes imprégné par les paroles, les émotions, les croyances et les traumatismes non résolus de notre famille. Ces impressions créent de nouvelles vāsanās dans notre propre corps subtil – et celles-ci peuvent ressembler à ceux de nos ancêtres, donnant l’illusion d’une « mémoire cellulaire ».
Mais la mémoire est une fonction du corps subtil, pas du corps physique. Les cellules ne se souviennent pas ; c’est le mental, avec ses vāsanās, qui porte l’empreinte des expériences.
La « mémoire cellulaire » telle qu’on l’entend dans les cercles New Age ou certaines thérapies suppose que les cellules elles-mêmes (leur ADN, leur structure physique) stockent des souvenirs émotionnels ou des traumatismes.
Le Vedānta rejette cela car :
* Le corps physique est inerte,
* Il n’a pas de sentience propre, donc il ne peut pas « se souvenir »,
* Les cellules du corps physique sont renouvelées totalement, et plusieurs fois, au cours d'une vie.
Les cellules, comme toute matière physique, sont des objets perçus par la Conscience. Elles sont soumises aux lois de la physiologie, mais elles n’ont pas de conscience ni de mémoire subjective.
Ce qui est parfois appelé « mémoire cellulaire » est en réalité une vasanā stockée dans le corps causal, qui se manifeste à travers le corps subtil (émotions, sensations). La cellule physique n’est que l’effet physique de cette vāsanā, pas son support.
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