BRAHMAN

  



BRAHMAN

  

1. Qu'est-ce que Brahman ?

Le mot Brahman vient de la racine sanskrite « bṛh », qui signifie « grandir, s'étendre, être vaste » . Mais ici, cette « vastitude » n'est pas un simple adjectif. C'est un nom. Cela signifie que Brahman est la Vastitude elle-même, sans aucune limite, l'Infini absolu.

Dans le langage courant, nous disons « une grande montagne ». La « grandeur » est limitée par la montagne. Brahman, lui, est la Grandeur illimitée qui n'est restreinte par rien. C'est la Réalité ultime, la Conscience sans forme qui est la substance et la source de tout.

2. La nature de Brahman : Ce qu'il n'est PAS

Pour éviter que notre mental ne fasse l'erreur de l'objectiver, les Écritures commencent souvent par décrire Brahman par la négation : pas ceci, pas cela.

Il n'est pas un objet que nous pouvons percevoir. Il est invisible et insaisissable. Nous ne pouvons pas le voir avec nos yeux, car il est la Conscience même grâce à laquelle nous voyons. Tout comme un projecteur ne peut pas s'éclairer lui-même mais illumine tout ce qui est projeté, nous ne pouvons pas « saisir » notre propre conscience, mais c'est en cette présence que toute expérience a lieu.

Il n'est pas né dans le temps. Il est non-né et immuable, impérissable. Brahman n'a pas de commencement. Il n'est pas apparu à un moment donné, car Il est la substance même du temps. Le temps existe en Lui, pas l'inverse.

Il n'est pas limité par des attributs. Il est sans forme, sans lignée, et sans qualités. On ne peut pas dire « Brahman est gentil, grand ou bleu ». Ces qualités appartiennent au monde des noms et des formes. Brahman est le substrat non qualifié sur lequel ces attributs apparaissent, comme l'écran blanc sur lequel un film coloré est projeté.

3. La nature de Brahman : Ce qu'il EST

Après avoir écarté les fausses conceptions, les Écritures emploient des mots pour pointer vers le Brahman par leur sens implicite. 

La description la plus essentielle est Existence, Conscience, Félicité.

Existence (Sat) : Brahman est la réalité impossible à nier. Il est l'existence même qui se manifeste à travers toute chose. Tout ce que nous expérimentons — la pièce, notre corps, nos pensées — a une existence dépendante. Ils « sont » parce que Brahman, l'Existence absolue, les illumine. Brahman est l'Existence même, le substrade l'univers. Le temps existe, l'espace existe — tous deux dépendent de l'Existence qu'est Brahman.

Conscience (Cit) : Brahman est la Conscience pure, lumineuse et auto-lumineuse. C'est la prise de conscience « Je suis » qui est absolument évidente et sans effort pour nous. Même si nous oublions tout dans la démence, le simple fait « je suis » reste indubitable **. Cette conscience n'est pas une pensée ou un sentiment ; c'est la lumière dans laquelle toutes les pensées et tous les sentiments sont connus. Elle est la plus subtile des choses subtiles car elle ne peut jamais être objectivée.

Félicité (Ānanda) : Le mot ānanda signifie aussi « sans limite ». Brahman est infini, complet et non-duel. Il n'y a pas de second en dehors de lui. Tout l'univers avec ses innombrables formes n'est qu'une superposition de noms et de formes sur cette unique réalité, tout comme des vagues ne sont rien d'autre que de l'eau.

4. Notre lien avec Brahman : La Réalisation Suprême

Voici le point le plus crucial pour nous, chercheur. Cette vérité n'est pas une théorie lointaine.

* Nous sommes Cela. La grande déclaration des Upanishads est : « Tu es Cela ». L'Ātman, notre Soi essentiel, n'est pas différent de Brahman universel. L'Ātman est la Conscience vue du point de vue de l'individu, et le Brahman est la même Conscience vue du point de vue du Tout.

Tout est Brahman. Puisqu'il est le substrat de tout, tout ce qui est ici est Brahman. Les Écritures disent : « Brahman est le feu, le soleil, le vent, la lune... Il est l'homme et la femme, le jeune et le vieux... Il est présent partout ». Les sages voient cette même réalité unique dans toute la diversité.

Comment le « connaître » ? Puisqu'il n'est pas un objet, on ne le « connaît » pas comme on connaît un fait. On le réalise en déplaçant notre sens de l'identité de l'ego limité vers la Conscience illimitée. Cela se fait par l'écoute attentive des Écritures, la réflexion profonde et la contemplation méditative.


Brahman est la Réalité Une, Sans Second — l'Existence-Conscience-Infini qui est à la fois la cause subtile et la substance fondamentale de tout l'univers. 

Il est invisible car il est le Voirinsaisissable car il est le Saisisseur, indicible, car il est la source de toute parole

Et la révélation la plus profonde est que cette réalité sans limite n'est pas ailleurs ; elle est notre propre Soi le plus intime : « Je suis Brahman ».

 

** Quand il est dit « même dans la démence, 'je suis' est indubitable », cela ne signifie pas que le personnage (jīva) le sait. Cela signifie que la réalité du jīva – qui est la Conscience infinie – ne cesse jamais d'être, tout comme l'or ne cesse jamais d'être même si un anneau en or est fondu et perd sa forme d'anneau.

Ce qui est appelé le « 'je suis' indubitable » n'est pas la pensée du jīva (« Je suis une personne avec un passé »). Cette pensée est effectivement perdue dans la démence. C'est le fait existentiel sous-jacent. Pour expérimenter ne serait-ce que l'état de démence, pour avoir la moindre expérience de confusion, le principe conscient doit être présent, tout comme il est forcément présent lors de l'état du sommeil. Ne dit-on pas, au réveil, que « nous avons bien dormi » ? Comment pouvons-nous le savoir, si ce principe conscient n'était pas ? Une chose qui n'existe pas ne peut avoir l'expérience de la confusion. 

 

 

 

 

 

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